Points forts de la recherche

Les données d’études agrégées accélèrent la recherche clinique

Notre réseau maintient un niveau d’activité scientifique élevé et produit régulièrement des résultats de recherche qui influencent la pratique clinique. Au cours de six décennies d’expérience, nous avons développé des centaines d’essais cliniques, à la fois en collaboration avec des partenaires et de manière indépendante.

Les projets initiés au sein de notre organisation reposent sur des protocoles standardisés, des Standard Operating Procedures (SOP) uniformes et des contrôles de qualité rigoureux, incluant notamment l’exhaustivité des données et des standards sémantiques cohérents.

Ce cadre permet aux cliniciens, après obtention des autorisations éthiques nécessaires, de regrouper les données provenant de différentes études et d’examiner des questions de recherche transversales une fois les essais terminés. La réutilisation de ces données constitue un élément essentiel pour faire progresser efficacement la recherche clinique impliquant l’être humain.

Il est toutefois indispensable que les essais regroupés reposent sur des contextes cliniques comparables. Un autre défi réside dans l’évolution rapide de la pratique clinique : les standards thérapeutiques peuvent changer rapidement, rendant certaines études potentiellement obsolètes et donc difficiles à comparer ou à agréger.

Les principaux groupes de projet de notre réseau, tels que ceux consacrés aux cancers du poumon ou du sein, bénéficient de la possibilité de conduire plusieurs essais sur des périodes relativement courtes, ce qui facilite la mise en commun de données robustes. Seule une infrastructure nationale bien organisée comme le Swiss Cancer Institute est en mesure de mettre en œuvre efficacement une telle approche et de permettre à la recherche clinique de progresser sans recrutement supplémentaire de patientes et patients ni collecte additionnelle de données.

Cette année, deux publications ont résulté de l’utilisation de données regroupées issues d’essais cliniques.

Publication 01

Le premier manuscrit présente une analyse intégrée des différences liées au sexe concernant la survie et la sécurité des traitements chez des patientes et patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules (NSCLC) résécable, sur la base de cinq essais du Swiss Group for Clinical Cancer Research (SAKK) : SAKK 16/96, 16/00, 16/01, 16/08 et 16/14.

L’étude a évalué 499 patients et a montré que les femmes présentaient une survie sans événement (SSE) et une survie globale (SG) significativement plus longues que les hommes, principalement en raison d’une mortalité non liée au cancer plus faible chez les patientes.

L’incidence des effets indésirables liés au traitement ainsi que les taux d’interruption du traitement étaient comparables entre les sexes. Néanmoins, ces résultats suggèrent un avantage potentiel de survie pour les patientes.

Compte tenu du caractère rétrospectif de l’analyse et de la taille limitée de l’échantillon, les auteurs invitent toutefois à interpréter ces résultats avec prudence et soulignent la nécessité d’études prospectives afin de confirmer ces observations et d’explorer les mécanismes sous-jacents aux différences liées au sexe.

Publication 02

La seconde publication examine les résultats chez des patientes et patients atteints d’un NSCLC résécable de stade III-N2 qui n’ont finalement pas subi d’intervention chirurgicale définitive après un traitement néoadjuvant ou périopératoire, incluant des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICI).

Parmi les 499 participants issus de cinq essais SAKK, environ 20 % n’ont pas été opérés, et les taux d’annulation de la chirurgie semblaient indépendants de l’administration d’ICI.

Les raisons expliquant l’absence d’intervention chirurgicale comprenaient notamment la progression de la maladie, l’impossibilité de réséquer la tumeur, des contre-indications médicales ainsi que des facteurs inconnus.

Les patients ayant bénéficié d’une chirurgie définitive présentaient une survie globale à trois ans significativement plus élevée que ceux n’ayant pas été opérés.

Il convient toutefois de noter que le pronostic des patients non opérés s’est amélioré à l’ère des ICI, ce qui suggère que l’évolution des stratégies thérapeutiques pourrait apporter des bénéfices supplémentaires à ce sous-groupe.

Ces deux projets illustrent deux forces majeures du Swiss Cancer Institute.

La première réside dans son solide historique d’essais cliniques qui se complètent et s’adaptent aux évolutions du domaine. La seconde est la réutilisation de données existantes afin de répondre à de nouvelles questions de recherche – notamment à des questions qui n’auraient pas pu être explorées sur la base des données d’un seul essai clinique.